Baptiste Vanweydeveldt

vue d'ensemble du corpus en installation


Acheter l'original : Contact

Momie, 2015, Baptiste vanweydeveldt

C'est une fouille archéologique qui s'est organisée dans mon atelier … Depuis 2011, je collecte, je glane, passe au tamis un fatras de choses et de boites qui s'étagent dans celui-ci…
Au fil d'un tri minutieux, je sépare le grain de l’ivraie, afin de reconstituer l'idée d'une figuration (les canopes et sa momie). Des schémas structurels propice à penser l'installation, je passe aux unités discrètes qui en résultent et de ces chutes qui assemblées , se conjuguent pour engager un dialogue des matières et devenir sculpture .
Le chercheur, en général, quelque soit son domaine a la même tendance : Il met tout de coté, interroge et « mémorise » (si nécessaire, il enregistre la forme, la matière et éventuellement la couleur) dans un coin de sa tête et se dit que « cela peut toujours servir…». Les attributs qui constituent la fonction de l'objet se déplacent et changent de statut (d'usage à vecteur).
Inconsciemment en faisant, j'aime à imaginer un chapitre que je n'ai jamais lu…« l'éloge de la main », chapitre final de « La vie des Formes » , un essai d'Henry Foncillon; où l'architecture des cathédrales est souvent évoquée, comme un édifice qui abrite le vide, un piège la lumière…
Tant sémiotiquement que naturellement j'en suis venu à interroger la liaison du lieu à celui du corps, celui du mouvement jusqu'à l'absence, ou du devenir et plus concrètement le rite funéraire.
Parallèlement l'artiste Lydia Steciuk, dont la thématique artistique centrale concerne les porosités du corps, m'a moulé le pied. Car pour évoquer, et provoquer ce retour à la figure, il lui a semblé qu'il me fallait reprendre chair, mettre de côté la pratique du dessin pour aborder la matière et ses fondamentaux.
Dans le mélange de nos pratiques, nous expérimentons. En évitant de contenir la forme dans une unité afin de rendre transparent le processus créatif, en combinant des objets hétérogène nous offrons aux regards une forme d'impureté, une bizarrerie…
Tout ce laisse voir : pour constituer le langage à venir de ce corps, évoquer le « dialogue-du-corps » comme possible.
Nous souhaitons donc quelque part, que vous puissiez vous sentir comme un archéologue avec sa pelle, fixant vaillamment l'objectif, moment photographique, immortalisant la découverte sauvée de l'enfouissement, qui donnera au futur la mémoire et la lecture de ce qui a constitué le passé commun…comme un croyant, à force de creuser la question, qu'il soit dans l'ornement, dans une plasticité dans une cathédrale « à évider » et la lecture des ouvrages d'Andrée Leroy Gourhan qui se pose la même question « Est-ce la main où la tête qui domine le corps? ».

Ajouté le


Créé avec Artmajeur